Aujourd’hui, je rends visite à l’artiste Michal Korman dans sa maison atelier en Bourgogne, un lieu où la vie et l’art coexistent en harmonie.
Nous voulions que la maison soit comme une œuvre d’art vivante, un reflet de notre relation.
Une vie avec l’art
Repostage : Michal, commençons par le début. Comment est née votre relation avec l’art ?
Michal Korman : L’art est entré dans ma vie avant même que j’en prenne conscience. Ma mère aime raconter qu’avant de savoir marcher, vers sept mois, je dessinais déjà. Depuis, cela ne m’a jamais quitté.
Repostage : Y a-t-il eu un moment décisif où l’art est passé de la passion à une véritable vocation ?
Michal Korman : Oui. En 2009, j’ai eu ma première exposition personnelle en dehors de la Slovaquie, à Bruxelles. J’allais avoir vingt-deux ans. L’accueil a été d’une intensité inattendue et, pour la première fois, j’ai senti que mon travail résonnait au-delà de mon entourage immédiat.
Repostage : Quels artistes, mouvements ou expériences ont le plus façonné votre travail au fil du temps ?
Michal Korman : Enfant, j’étais instinctivement attiré par la peinture de la Renaissance, mais tout a basculé à dix-sept ans, lors d’un voyage en Toscane et à Venise.
Je m’y étais rendu pour voir en vrai les chefs-d’œuvre que je connaissais si bien à travers les livres, mais ce qui m’a le plus bouleversé, ce ne sont pas seulement les tableaux. C’est la lumière, le paysage et l’atmosphère de l’Italie.
Repostage : Comment décririez-vous votre propre style de peinture ?
Michal Korman : C’est toujours une question difficile. Je recherche dans mes tableaux une planéité extrême de la matière, un espace où la peinture commence à ressembler à l’art graphique. Je suis profondément inspiré par l’affiche, l’illustration, la lithographie et les estampes japonaises.


Un parcours international
Repostage : Votre travail a été présenté à l’échelle internationale, de Singapour à Art Basel Hong Kong et Miami. Comment s’est déroulé ce parcours ?
Michal Korman : Je ne sais pas si j’appellerais cela du succès, mais je crois profondément à l’importance des gens. Pas forcément les bonnes personnes au sens stratégique, mais plutôt les gens bien. Ceux qui offrent une critique, un conseil ou un soutien inattendu. Ils ne font pas le chemin à votre place, mais ils vous aident à le tracer.
J’exposais déjà régulièrement quand je t’ai rencontrée, chère Olga. Tu es arrivée avec un projet qui semblait étrangement aligné avec ce que j’imaginais depuis des mois. Une exposition sur la nature, les fleurs et l’espace. J’ai tout de suite su que c’était exactement ce que je voulais faire.
Nous avons tout construit de zéro. Tu as géré l’espace, la logistique et la vision. C’est devenu l’une des expositions les plus marquantes de ma carrière. Cette exposition à Paris a créé un effet de ricochet. Des représentants de Pearl Lam Galleries sont venus, les discussions ont commencé et les collaborations ont suivi.
La maison atelier en Bourgogne
Repostage : Votre maison est extraordinaire. Pouvez-vous nous en parler ?
Michal Korman : La maison date d’au moins 1820, peut-être même de la fin du XVIIIe siècle. Ce qui la distingue des constructions plus récentes du village, c’est la présence de colombages aux côtés de la pierre et de la brique.
Nous l’avons achetée à un artiste suisse qui partait prendre sa retraite dans son pays. Nous voulions préserver son âme. Pas de rénovation agressive, pas de modernité imposée. La maison est de taille modeste, 150 m², mais elle offre un équilibre parfait entre la vie parisienne et la vie bourguignonne.
Repostage : Vous l’avez décorée ensemble avec votre mari, Pierre Edouard ?
Michal Korman : Oui. Nous voulions que la maison soit comme une œuvre d’art vivante, un reflet de notre relation. On y trouve des meubles de famille, des antiquités, des objets de nos voyages et de l’art contemporain.
Chaque pièce a sa propre identité : un salon vert inspiré par la nature, une cuisine jaune avec des touches de bleu et de blanc, un bureau rouge rempli d’objets du Moyen Orient et d’Asie, une chambre bleue avec du mobilier français du XVIIIe siècle, mon atelier et un jardin d’hiver. C’est un ensemble riche, éclectique et personnel.


Antiquités, chiens et derniers conseils
Repostage : Vous êtes manifestement un fin connaisseur d’antiquités. Un conseil pour nos lecteurs ?
Michal Korman : Achetez ce qui parle à votre cœur. Vous ne construisez pas un musée, vous construisez une vie.
Nous fréquentons les salles de vente à Paris et en Bourgogne, les brocantes des villages alentours et les antiquaires partout où nous voyageons. Les plus beaux objets sont ceux qui portent, en plus de leur beauté plastique, une mémoire et un souvenir.
Repostage : Et pour finir, vos chiens. Parlez-nous d’eux.
Michal Korman : Quand nous avons acheté la maison, nous savions que nous voulions adopter des chiens. Nous avons hésité entre des barzoïs et des teckels. Finalement, nous avons adopté deux chiots teckels en août dernier, Athéna et Achille. C’est donc la petite race aux pattes courtes qui a gagné.
Ils sont rapidement devenus centraux dans nos vies et oui, ils ont déjà fait leur entrée dans mes peintures. Je pense qu’ils seront les prochaines stars de mon travail.
Où le retrouver
Art Basel Hong Kong, stand de la galerie Pearl Lam, du 27 au 29 mars 2026.
Bonnes adresses pour le mobilier vintage
Joigny Enchères – Hôtel des ventes
16 rue Robert Petit, 89300 Joigny
joignyencheres.fr
Quentin Antiquités
37 rue Lucile Cormier, 89130 Toucy
Antiquités Art Galerie
77 rue de Paris, 89000 Auxerre
Galerie Styles & Chine
18 rue Paul Bert, 89130 Toucy
stylesetchine.com