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GUIDE

Paris 2026 : la saison des grandes expositions

Par Olga Korovina

Les expositions incontournables à Paris en 2026 — regard d’expert

Quelle exposition aura selon vous le plus d’impact en 2026 ?

Dima EasyArt : Si l’on parle du printemps–été 2026, je mettrais en avant Clair-Obscur à la Bourse de Commerce — Collection Pinault.

Cette exposition crée un dialogue entre des artistes contemporains et des figures majeures de l’art moderne comme Alberto Giacometti, Germaine Richier ou Yves Tanguy. Elle montre comment des artistes ayant traversé les périodes sombres du XXe siècle ont su préserver une forme de lumière malgré les crises.

Je pense que ce projet est particulièrement actuel aujourd’hui, car nous vivons nous aussi dans une époque instable, et il est essentiel de regarder le passé pour mieux comprendre le présent.

De nombreuses institutions misent sur des noms comme Renoir, Michel-Ange ou Matisse. Est-ce une manière de garantir une forme de stabilité ?

Dima EasyArt : Oui, tout à fait. Lorsqu’un musée annonce une exposition consacrée à Renoir ou Michel-Ange — notamment dans un dialogue avec Rodin au Louvre — il peut être certain d’attirer un large public.

Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires, des déplacements internationaux plus complexes et une incertitude générale, les institutions privilégient naturellement des projets capables d’assurer une fréquentation stable.

Cependant, Paris reste un terrain d’expérimentation où les musées continuent de proposer des projets plus audacieux. Ces expositions sont peut-être moins commerciales, mais elles sont essentielles sur le plan intellectuel et artistique.

L’exposition consacrée au film Marie-Antoinette de Sofia Coppola à Versailles en est un bon exemple : un projet culturel fort, plus niche, mais très pertinent.

Le dialogue entre Michel-Ange et Rodin au Louvre relie plusieurs siècles. Est-ce important aujourd’hui ?

Dima EasyArt : C’est fondamental. L’histoire de l’art repose sur ces correspondances.

J’aime penser l’histoire de l’art comme une tapisserie : chaque œuvre, chaque artiste est un fil. Si l’on en retire un, l’ensemble perd de sa cohérence.

Les artistes travaillent toujours en dialogue avec ceux qui les ont précédés. Comme l’a dit Antony Gormley, un sculpteur porte en lui Michel-Ange, Rodin et même les civilisations antiques. Cette continuité nourrit la création contemporaine.

De nombreuses expositions mettent aussi en lumière des artistes femmes comme Mary Cassatt, Eva Gonzalès ou Louise Bourgeois. Est-ce une évolution durable ?

Dima EasyArt : Oui, cela s’inscrit dans une question plus large de visibilité. Les femmes artistes ont longtemps été sous-représentées dans les collections muséales.

Aujourd’hui, les institutions cherchent à rééquilibrer cette situation. Des musées comme Orsay ou le Petit Palais accordent davantage de place aux artistes femmes, qu’elles soient historiques ou contemporaines.

Si l’on parle de valeurs comme l’égalité, elles doivent aussi se refléter dans la programmation culturelle. Ce mouvement n’est pas temporaire — il s’inscrit dans une transformation profonde.

Si vous deviez choisir trois expositions incontournables ?

Dima EasyArt : C’est sans doute la question la plus difficile. Mais je citerais certainement l’exposition Renoir au musée d’Orsay.

Elle permet de redécouvrir l’artiste sous un angle plus radical. Des œuvres majeures comme Le Déjeuner des canotiers ou Les Parapluies seront présentées aux côtés de prêts internationaux exceptionnels.

Ce sera un moment clé pour comprendre l’impressionnisme.

Que peut-on attendre de la Bourse de Commerce dans les prochains mois ?

Dima EasyArt : L’exposition actuelle est déjà très forte, mais elle va évoluer. L’installation centrale de la rotonde sera remplacée par une œuvre de brouillard de Fujiko Nakaya, permettant aux visiteurs de traverser littéralement un nuage.

Le prochain projet sera entièrement consacré à la photographie, marquant une étape importante pour ce médium au sein de la collection.